Ça dérape au Service des votations

Le 20Minutes révèle qu’une perquisition a eu lieu au service des votations du Canton de Genève, jeudi 9 mai. Il semblerait qu’au moins un collaborateur de ce service (auditionné au Ministère Public) est soupçonné d’avoir modifié ou détruit des bulletins de votres lors d’élections ces dernières années (depuis 2011, selon Le Courrier – notamment en réussissant à lire ce que les gens votaient à travers l’enveloppe de vote lors du dépouillement du vote par correspondance. Des bulletins de vote auraient été retrouvés dans une poubelle. Un bon feuilleton à suivre, qui va chambouler une fois encore les institutions genevoises.

Squats féministes à Genève

Le Courrier parle des visites de squats du passé genevois menées par Marylou et revient sur le rôle qu’ont joué les maisons occupées par des femmes dans l’histoire locale. Ces espaces furent des lieux précieux d’élaboration et d’émancipation pour les luttes féministes et LGBTQI (mention du squat non-mixte de Pré-Naville et du squat gay Chez Brigitte), et permirent le développement de structures qui existent encore aujourd’hui, comme par exemple l’association Viol Secours. L’article revient sur la sinistre attaque de Pré Naville (où les agresseurs qui avaient séquestrés et violés des occupantes avaient été envoyés par le proprio lui-même), mais passe à côté d’une description plus riche de ces lieux, en oubliant de mentionner que l’occupation aux Grottes a ensuite donné naissance au Centre femmes, lieu d’organisation majeur des luttes féministes (avortement, remboursement des soins, campagnes contre le viol, soutiens aux prisonnières à Champ-Dollon…).

Policiers genevois anti-sémites, libidineux et racistes sur WhatsApp

À Genève, le comportement des policiers (cantonaux et municipaux) sur WhatsApp défraie la chronique. Du côté de la TdG, on découvre le groupe des aspirants policiers municipaux qui s’amusent du viol de Théo lors d’un contrôle policier à Aulnay-sous-Bois en février 2017, de l’autre le Courrier nous indique que le policier cantonal, membre de la direction du syndicat de policiers UPCP (qui avait déjà écrit « crève sale FEUJ » sous une photo publié sur FB en 2014 par un policier fan du IIIe Reich, « Hussard Noir »), a retiré son opposition à une ordonnance pénale par rapport à des images antisémites qu’il faisait tourner sur WhatsApp en 2017-2018. Le policer récidiviste en question a seulemet été dégradé (et non renvoyé comme l’a été « Hussard Noir ») par Mauro Poggia.

Les patrons genevois veulent ouvrir le dimanche à tout prix

Le Courrier fait le point sur la énième votation sur l’ouverture des commerces le dimanche qui aura lieu le 19 mai. Cette nouvelle manœuvre de la droite et des patrons vise à forcer une ouverture trois dimanches par an + le 31 décembre jusqu’à 17h sans la contrepartie (déjà acceptée en votation populaire) de l’existence d’une convention collective de travail étendue (c-à-d, la négociation des règles de conditions de travail entre association « représentative » des travailleur-euse-s de la branche et employeurs.) Face aux évidentes tentatives des milieux patronaux de jouer aux plus malins avec la démocratie semi-directe pour obtenir le beurre et l’argent du beurre, le Courrier ne trouve pas mieux que de jouer à la chaussette centriste et leur offrir le même nombre de signes pour défendre leur argument. Avec une presse de « gauche » comme celle-ci…

Les archives de Grisélidis Réal

Une bonne nouvelle: les archives de Grisélidis Réal sont à présent accessibles à l’Aspasie aux Pâquis. C’était le souhait de la militante pour les droits des travailleuses du sexe, qui avait de son vivant le projet de créer un centre de documentation sur la prostitution. À sa mort en 2005, l’archive est séparées en deux : le fond artistique et personnel part aux Archives littéraires suisses à Berne, et Genève conserve toutes les archives militantes, qui contiennent plus de 100’000 documents. Outre son engagement auprès des travailleuses du sexe, Réal a rassemblé du matériel sur les luttes anti-carcérales et sur l’antipsychiatrie.

Dans la TDG aujourd’hui également, on apprend que le travail de tri nécessaire pour rendre les archives consultables a été freiné par le Conseil d’Etat, qui en 2009 s’est opposé sans donner de motif au financement que la Loterie Romande s’apprêtait à octroyer et a ralenti ainsi le projet de dix ans!