Policiers genevois anti-sémites, libidineux et racistes sur WhatsApp

À Genève, le comportement des policiers (cantonaux et municipaux) sur WhatsApp défraie la chronique. Du côté de la TdG, on découvre le groupe des aspirants policiers municipaux qui s’amusent du viol de Théo lors d’un contrôle policier à Aulnay-sous-Bois en février 2017, de l’autre le Courrier nous indique que le policier cantonal, membre de la direction du syndicat de policiers UPCP (qui avait déjà écrit « crève sale FEUJ » sous une photo publié sur FB en 2014 par un policier fan du IIIe Reich, « Hussard Noir »), a retiré son opposition à une ordonnance pénale par rapport à des images antisémites qu’il faisait tourner sur WhatsApp en 2017-2018. Le policer récidiviste en question a seulemet été dégradé (et non renvoyé comme l’a été « Hussard Noir ») par Mauro Poggia.

Gilets jaunes et armes helvétiques

« Les gilets jaunes veulent bloquer une usine d’armement thounoise » s’alarme le journal Der Bund qui s’attend à une véritable une invasion ce vendredi 29 mars. Un appel a été lancé depuis la France pour manifester de façon décentralisée devant les usines d’armement ce jour-là. L’appel en question a été publié entre autres sur le site participatif Renversé et la liste de lieux à bloquer mentionne l’usine thounoise Brugger & Thomet qui produit les LBD40, ces armes extrêmement dangereuses qui ont causé de nombreuses mutilations depuis leur mise sur le marché. Le débat sur les LBD40 est vif à Berne car depuis l’an dernier la police l’utilise régulièrement pour des opérations de maintien de l’ordre devant le centre culturel de la Reitschule. Son collectif demande d’ailleurs son interdiction, tout comme certains parlementaires de gauche.

Faux braqueur, vrai policier

Dans Le Temps, retour sur une histoire particulièrement glauque de meurtre pour des motifs financiers à Onex. On y apprend tout de même que la police s’est infiltrée à Champ-Dollon pour l’occasion en y envoyant « l’agent 55 », un faux braqueur qui avait pour but d’obtenir des aveux de l’assassin présumé. Une question qui pose bien sûr des problèmes éthiques, l’un des avocats du prévenu s’en plaint en disant que l’agent 55 était allé beaucoup trop loin: «Mon client a finalement parlé à l’usure. Il y a clairement coercition due à une manipulation psychologique de longue haleine.»

Trop de policiers? Pas assez? Faudrait savoir…

En 2016, la NZZ titrait qu’il n’y avait jamais eu autant de policiers en Suisse, aujourd’hui la Tribune de Genève se plaint qu’il n’y en a pas assez. Décidément, il faudrait savoir ! L’ONU est invoquée sans qu’on sache vraiment dans quel contexte un de ses membres aurait requis le « nombre idéal » de 30 policiers pour 10’000 habitants. Ce discours sur le manque de policiers fait écho aux propos tenus par sociologue de la police Mathieu Rigouste dans une interview accordée aux Inrocks en 2012: « Alors que la droite a tendance à réduire le nombre de policiers, à développer des unités féroces et à multiplier les technologies et les armements, la gauche conserve tout ça puis embauche […] » .

La police du rail et le travail

Toujours dans le Courrier, Philippe Boeglin revient sur les manipulations des heures de travail pratiquées par la police du rail des CFF qui permettaient de toucher plus de subventions. Mais au-delà de la question de sa gestion financière et RH, aucune remise en cause de cette police supplémentaire dans un paysage helvétique déjà saturé par les gyrophares. Pire, le Courrier relaie les regrets syndicaux quant au manque de libertés dans leurs interventions pour les sheriffs du rail. Or le problème de la police du rail n’est pas son coût mais son existence même.

École de police et harcèlement moral

Débat en vue au parlement sur la loi qui organise la police genevoise. Un député propose d’en finir avec l’école intercantonale de police de Savatan (VD). Pour rappel, l’an dernier la presse avait consacré plusieurs article à son directeur le lieutenant-colonel Alain Bergonzoli, accusé d’avoir une « vision militaire de l’école de police ». Une ancienne aspirante de Savatan s’était plainte aussi de harcèlement moral de la part du staff. Petit extrait d’un article de l’an dernier:

« C’était un jour ordinaire à l’Académie de Savatan. Je suivais avec mon groupe d’aspirants un cours sur les techniques de défense personnelle, lorsque soudain l’instructeur m’a donné un coup de genou dans l’estomac. Je suis tombée par terre, le souffle coupé. Il avait fait cela pour nous faire prendre conscience de la menace permanente qui entoure le policier. »

Témoignage anonyme, Matin Dimanche 22.04.2018.

Odeur de casseur…

Au détour d’un article du Parisien du 18 mars 2019, nous découvrons les « Produits de marquage codés », des additifs chimique présents dans les gaz ou l’eau des canons et qui restent présents sur la peau et les vêtements des manifestant.e.s – un supposé « ADN du casseur » qui doit faire baver bien des criminologues.

À ce sujet, le quotidien Libération avait d’ailleurs publié un dossier sur l’attirail répressif français en décembre 2018.